Le marché du diagnostic immobilier en Hautes-Alpes
Avec 250 diagnostics par professionnel et par an contre 203 en moyenne nationale, soit un ecart de +23 %, et un rang de tension de 11e sur 90 departements, les 27 diagnostiqueurs recenses absorbent une charge nettement superieure a la moyenne. Ce niveau de sollicitation traduit un marche du travail tendu ou l’arrivee de nouveaux professionnels trouverait naturellement sa place.
Le volume se concentre tres largement sur Gap, qui capte a elle seule pres de trois fois plus de missions que Briançon, deuxieme pole du departement. Les communes de montagne comme Dévoluy, La Salle-les-Alpes ou Vars completent le tableau et signalent une activite liee au parc touristique et aux residences secondaires, en plus du bassin urbain gapençais. Le recul de -27 % sur un an s’inscrit dans le ralentissement general des transactions plutot que dans un desengagement du secteur.
| Diagnostics réalisés sur 12 mois | 6 740 |
|---|---|
| Évolution sur un an | -27 % |
| Audits énergétiques sur 12 mois | 2 874 |
| DPE tertiaires sur 12 mois | 409 |
| Transactions immobilières en 2025 | 5 581 |
| Diagnostiqueurs certifiés | 27 |
| Structures recensées, indépendants compris | 27 |
| Diagnostics par professionnel | 250 par an |
Ce qui alimente l’activité
Les Hautes-Alpes offrent un marche tendu ou la charge de travail par professionnel depasse nettement la moyenne nationale, avec un socle d’audits et de missions collectives qui assure une activite reguliere au-dela des seules transactions. Un professionnel maitrisant les competences amiante specifique ou pret a couvrir un territoire etendu entre Gap et les stations de montagne y trouvera un positionnement favorable.
Avec 5 581 transactions pour 6 740 DPE, le ratio suggere que chaque vente ne genere pas systematiquement un diagnostic isole, mais s’accompagne souvent de missions complementaires. Les 2 874 audits energetiques, soit plus de la moitie du volume des transactions, montrent que la reflexion sur la renovation est bien engagee independamment des seules ventes. Les copropriétés, avec pres de 66 000 lots, et le parc locatif elargissent encore le champ d’intervention au-dela du strict marche de la vente.
Où se concentre l’activité
Les communes ci-dessous concentrent l’essentiel des diagnostics du département. C’est là que se trouvent les cabinets, et donc les postes.
| Commune | Diagnostics sur 12 mois |
|---|---|
| Gap | 1 890 |
| Briançon | 511 |
| Embrun | 366 |
| Dévoluy | 176 |
| La Salle-les-Alpes | 176 |
| Vars | 173 |
Quel parc immobilier vous attend
Les classes D et E regroupent a elles seules pres de 60 % du parc diagnostique, contre seulement 16 % en classe C et une part quasi nulle en A et B. Le quotidien du diagnostiqueur ici est donc largement tourne vers des logements de performance intermediaire a mediocre, avec 21 % du parc classe F ou G qui appelle un traitement plus approfondi. Cette repartition impose une bonne maitrise des methodologies d’audit et de preconisation de travaux.
Ce volume n’est pas théorique. 2 874 audits énergétiques ont été réalisés en Hautes-Alpes sur les douze derniers mois, soit 43 audits pour 100 diagnostics de performance énergétique. Depuis le 1er avril 2023, la vente d’un logement en monopropriété classé F ou G impose cet audit, et le calendrier s’étend progressivement aux étiquettes supérieures. Le décompte additionne les audits réglementaires et les audits volontaires, que l’observatoire de l’ADEME ne sépare pas.
| Étiquette | Diagnostics | Part |
|---|---|---|
| A | 30 | 0 % |
| B | 149 | 2 % |
| C | 1 095 | 16 % |
| D | 1 950 | 29 % |
| E | 2 123 | 31 % |
| F | 776 | 12 % |
| G | 617 | 9 % |
Ce que le calendrier réglementaire promet en Hautes-Alpes
La part de 21 % de logements F ou G constitue le socle de missions les plus immediates, tandis que les 60 % en D et E representent le reservoir de volume a moyen terme pour les audits et les diagnostics de suivi. Cette structure garantit une activite reguliere sur plusieurs annees, independamment des seuls flux de transactions.
| Classes concernées | Part du parc diagnostiqué |
|---|---|
| E, F et G | 52 % |
| D | 29 % |
| D, E, F et G | 81 % |
Les échéances qui rendent ces classes obligatoirement auditées, ou interdites à la location, sont détaillées et sourcées sur notre calendrier réglementaire du diagnostic immobilier.
L’âge du parc décide des missions
Le bati d’avant 1975 domine largement, avec 1 996 logements construits entre 1948 et 1974 et 1 319 avant 1948, soit pres de la moitie du parc recense. Cette anciennete implique une expertise reguliere en amiante et plomb, ainsi qu’une attention particuliere aux ponts thermiques et aux materiaux d’epoque. La presence de constructions plus recentes, notamment 720 logements entre 2006 et 2012, diversifie neanmoins les typologies de missions.
Deux obligations se déclenchent sur une date de construction, et elles dessinent deux métiers distincts. Le constat de risque d’exposition au plomb ne concerne que les logements bâtis avant 1949 : sur les 67 406 bâtiments du département dont l’année de construction est connue, 29 % sont dans ce cas. Le repérage amiante avant travaux vise les bâtiments antérieurs à juillet 1997, soit 68 % du parc daté en Hautes-Alpes.
Ces deux parts portent sur le parc bâti réel, recensé par la base nationale des bâtiments, et non sur les seuls biens diagnostiqués. La distinction compte : un bien n’est diagnostiqué que s’il se vend ou se loue, alors que le repérage avant travaux, lui, ne dépend pas du marché. Le tableau ci-dessous montre l’autre facette, celle des diagnostics effectivement réalisés.
C’est une information directement utile quand on choisit sa première certification : dans un département au bâti ancien, l’amiante et le plomb offrent plus de missions que le neuf n’en offrira jamais. Et contrairement au diagnostic de vente, le repérage avant travaux ne dépend pas du marché immobilier mais des chantiers de rénovation et de démolition, dont les obligations se sont renforcées.
| Période de construction | Diagnostics | Part |
|---|---|---|
| avant 1948 | 1 319 | 20 % |
| 1948-1974 | 1 996 | 30 % |
| 1975-1977 | 342 | 5 % |
| 1978-1982 | 538 | 8 % |
| 1983-1988 | 445 | 7 % |
| 1989-2000 | 509 | 8 % |
| 2001-2005 | 407 | 6 % |
| 2006-2012 | 720 | 11 % |
| 2013-2021 | 389 | 6 % |
| après 2021 | 75 | 1 % |
Avec 78 % de logements collectifs et 4 743 appartements pour seulement 1 497 maisons, l’essentiel de l’activite se joue a l’echelle de l’immeuble plutot qu’au niveau du pavillon individuel. Cette configuration place les diagnostiqueurs en interaction reguliere avec les syndics et ouvre la voie a des missions collectives, notamment des audits energetiques a l’echelle du batiment.
La copropriété, un marché qui ne dépend pas des ventes
Le registre national d’immatriculation recense 4 178 copropriétés en Hautes-Alpes, soit 65 955 lots d’habitation, 16 en moyenne par immeuble. C’est un gisement de missions distinct de celui des transactions : une copropriété fait diagnostiquer ses parties communes parce que la loi l’y oblige, qu’un logement se vende ou non.
Sur les 3 391 copropriétés dont la période de construction est renseignée, 74 % ont été bâties avant 1997 : leurs parties communes relèvent du dossier technique amiante. Une tranche de 8 % enjambe la date, le registre ne la coupant pas au 1er juillet. Et 26 % datent d’avant 1949, seuil du constat de risque d’exposition au plomb dans les parties communes.
Le departement compte 4 178 copropriétés immatriculees pour pres de 66 000 lots, soit une taille moyenne significative par ensemble immobilier. Avec 897 copropriétés anterieures a 1949 et 2 501 anterieures a 1997, soit environ 60 % du total, une part importante du parc collectif necessite des diagnostics techniques globaux et des audits energetiques a l’echelle de l’immeuble entier.
39 % de ces copropriétés sont administrées par un syndic professionnel, le reste étant géré bénévolement par les copropriétaires. Cette proportion indique à quel point la commande est structurée dans le département : là où les syndics professionnels dominent, les diagnostics sont commandés par des interlocuteurs réguliers plutôt qu’au coup par coup.
Ce que proposent les employeurs
Les offres de diagnostiqueur actuellement publiées annoncent une rémunération comprise entre 2 225 € et 2 500 € bruts par mois en médiane, avec une amplitude de 1 867 € à 4 167 € selon l’expérience et le nombre de certifications détenues. Un profil multi-certifié se situe dans le haut de cette fourchette.
Ce relevé porte sur 134 offres exploitables publiées sur France Travail sous le code métier F1103, au niveau national : par département, l’échantillon serait trop mince pour produire une valeur fiable. Il décrit ce que les employeurs annoncent à l’embauche, pas la rémunération moyenne de la profession. Le détail des fourchettes est mis à jour avec les offres.
Quelles certifications sont détenues localement
Les certifications de base sont bien representees parmi les 27 professionnels actifs, avec l’electricite et l’amiante couvertes par 25 d’entre eux et le DPE individuel par 24. En revanche, la certification amiante pour missions specifiques et batiments complexes n’est detenue que par 12 professionnels, ce qui constitue un axe de differenciation pour un nouvel arrivant souhaitant se positionner sur des missions plus techniques.
| Certification | Professionnels |
|---|---|
| Electricité | 25 |
| Amiante | 25 |
| Performance énergétique (DPE individuel) | 24 |
| Gaz | 20 |
| Plomb | 20 |
| Amiante (missions spécifiques**, bâtiments complexes*) | 12 |
| Audit énergétique | 10 |
| Performance énergétique (DPE par immeuble, bâtiments à usage autre que d’habitation) | 8 |
Un exemple concret de débouché : 409 diagnostics de performance énergétique ont porté sur des bâtiments à usage autre que d’habitation en Hautes-Alpes sur les douze derniers mois, bureaux, commerces et établissements recevant du public. Ces missions relèvent d’une certification distincte de celle du logement, elles sont plus techniques et mieux rémunérées, et le tableau ci-dessus indique combien de professionnels la détiennent réellement dans le département.
À retenir : une certification n’est jamais acquise définitivement. Elle se renouvelle par cycles, avec surveillance intermédiaire et recertification. Dans ce département, 10 certificats arrivent à échéance dans les douze prochains mois, ce qui entretient un besoin permanent de compétences à jour.
Se former et être recruté en Hautes-Alpes
La reconversion vers le diagnostic immobilier ne suppose pas d’avoir déjà toutes les certifications. DiagTalent met en relation les candidats avec des entreprises qui forment et recrutent : elles prennent en charge le parcours de certification et l’accompagnement terrain, en contrat salarié.
C’est la différence avec une installation en indépendant : vous êtes formé, encadré et rémunéré pendant que vous montez en compétence.
Déposer votre candidature
Renseignez le formulaire ci-dessous. Votre profil est présenté aux entreprises du département qui recrutent et forment, et vos données ne sont jamais diffusées sans votre accord.
Sources : annuaire officiel des diagnostiqueurs immobiliers certifiés (ministère de la Transition écologique, licence Etalab), base des diagnostics de performance énergétique de l’ADEME, pour les logements comme pour les bâtiments tertiaires, observatoire des audits énergétiques des logements existants de l’ADEME, base de données nationale des bâtiments (CSTB), registre national d’immatriculation des copropriétés et base DVF des transactions immobilières (Etalab). Données agrégées, mises à jour mensuellement.
