Le marché du diagnostic immobilier en Ille-et-Vilaine
Avec 145 diagnostics par professionnel et par an contre 203 en moyenne nationale, l’Ille-et-Vilaine affiche l’un des ecarts de charge les plus marques du pays, confirme par un rang de tension de 82e sur 90. Le marche est donc deja bien pourvu en diagnostiqueurs, et un recul de 23 % du volume sur un an renforce cette impression de densite professionnelle elevee. S’y implanter suppose une valeur ajoutee claire, plutot qu’un simple positionnement generaliste.
Rennes concentre a elle seule plus du tiers du volume departemental avec 13 117 diagnostics, loin devant Saint-Malo et ses 3 485 dossiers. Fougères, Vitré, Bruz et Cesson-Sévigné forment une couronne secondaire active, temoin d’un marche qui deborde largement la seule metropole. Un professionnel gagne a couvrir cet axe Rennes-periurbain plutot qu’a se cantonner au centre urbain.
| Diagnostics réalisés sur 12 mois | 40 144 |
|---|---|
| Évolution sur un an | -23 % |
| Audits énergétiques sur 12 mois | 13 761 |
| DPE tertiaires sur 12 mois | 1 780 |
| Transactions immobilières en 2025 | 23 497 |
| Diagnostiqueurs certifiés | 277 |
| Structures recensées, indépendants compris | 163 |
| Diagnostics par professionnel | 145 par an |
Ce qui alimente l’activité
Ille-et-Vilaine est un departement ou l’offre de diagnostiqueurs est deja consequente et le volume par professionnel nettement sous la moyenne nationale, ce qui impose de s’y positionner avec une specialite ou un ancrage territorial precis. Le potentiel existe surtout autour des copropriétés anciennes, des audits energetiques et du tissu economique rennais, pour qui sait sortir du strict DPE de vente.
Avec 23 497 transactions pour 40 144 DPE, chaque vente genere en moyenne plus d’un diagnostic, ce qui traduit un marche actif sans etre exceptionnellement tendu. Les 13 761 audits energetiques montrent une activite de conseil et de renovation deja bien installee, independante du seul acte de vente. Locations, copropriétés et projets de travaux completent ce socle et permettent de lisser l’activite sur l’annee.
Où se concentre l’activité
Les communes ci-dessous concentrent l’essentiel des diagnostics du département. C’est là que se trouvent les cabinets, et donc les postes.
| Commune | Diagnostics sur 12 mois |
|---|---|
| Rennes | 13 117 |
| Saint-Malo | 3 485 |
| Fougères | 1 173 |
| Vitré | 922 |
| Bruz | 865 |
| Cesson-Sévigné | 822 |
Quel parc immobilier vous attend
La classe C domine largement avec 18 894 logements, suivie de la classe D a 10 954, ce qui signale un parc globalement dans la moyenne plutot qu’en rupture energetique. Les etiquettes F et G ne representent que 7 % du total, un niveau contenu qui limite les urgences de renovation lourde. Le quotidien du diagnostiqueur ici releve davantage du suivi standard que de la gestion de passoires thermiques.
Ce volume n’est pas théorique. 13 761 audits énergétiques ont été réalisés en Ille-et-Vilaine sur les douze derniers mois, soit 34 audits pour 100 diagnostics de performance énergétique. Depuis le 1er avril 2023, la vente d’un logement en monopropriété classé F ou G impose cet audit, et le calendrier s’étend progressivement aux étiquettes supérieures. Le décompte additionne les audits réglementaires et les audits volontaires, que l’observatoire de l’ADEME ne sépare pas.
| Étiquette | Diagnostics | Part |
|---|---|---|
| A | 906 | 2 % |
| B | 2 081 | 5 % |
| C | 18 894 | 47 % |
| D | 10 954 | 27 % |
| E | 4 519 | 11 % |
| F | 1 907 | 5 % |
| G | 883 | 2 % |
Ce que le calendrier réglementaire promet en Ille-et-Vilaine
Avec seulement 7 % de logements en F ou G contre une masse concentree sur les classes C et D, qui reunissent a elles seules pres des trois quarts du parc, le volume a venir restera porte par les diagnostics courants plutot que par des vagues de traitement de logements tres degrades. Cette repartition suggere une activite reguliere plutot que des pics lies a des urgences energetiques.
| Classes concernées | Part du parc diagnostiqué |
|---|---|
| E, F et G | 18 % |
| D | 27 % |
| D, E, F et G | 45 % |
Les échéances qui rendent ces classes obligatoirement auditées, ou interdites à la location, sont détaillées et sourcées sur notre calendrier réglementaire du diagnostic immobilier.
L’âge du parc décide des missions
Le parc ancien pese lourd, avec 9 554 logements d’avant 1948 et 8 648 construits entre 1948 et 1974, ce qui maintient une demande constante pour les diagnostics amiante et plomb. La periode 2013-2021 reste neanmoins bien representee avec 5 733 constructions, imposant une double competence entre bati ancien et constructions recentes. Cette diversite demande une polyvalence reelle plutot qu’une specialisation unique.
Deux obligations se déclenchent sur une date de construction, et elles dessinent deux métiers distincts. Le constat de risque d’exposition au plomb ne concerne que les logements bâtis avant 1949 : sur les 376 206 bâtiments du département dont l’année de construction est connue, 31 % sont dans ce cas. Le repérage amiante avant travaux vise les bâtiments antérieurs à juillet 1997, soit 68 % du parc daté en Ille-et-Vilaine.
Ces deux parts portent sur le parc bâti réel, recensé par la base nationale des bâtiments, et non sur les seuls biens diagnostiqués. La distinction compte : un bien n’est diagnostiqué que s’il se vend ou se loue, alors que le repérage avant travaux, lui, ne dépend pas du marché. Le tableau ci-dessous montre l’autre facette, celle des diagnostics effectivement réalisés.
C’est une information directement utile quand on choisit sa première certification : dans un département au bâti ancien, l’amiante et le plomb offrent plus de missions que le neuf n’en offrira jamais. Et contrairement au diagnostic de vente, le repérage avant travaux ne dépend pas du marché immobilier mais des chantiers de rénovation et de démolition, dont les obligations se sont renforcées.
| Période de construction | Diagnostics | Part |
|---|---|---|
| avant 1948 | 9 554 | 24 % |
| 1948-1974 | 8 648 | 22 % |
| 1975-1977 | 1 074 | 3 % |
| 1978-1982 | 1 606 | 4 % |
| 1983-1988 | 1 938 | 5 % |
| 1989-2000 | 4 811 | 12 % |
| 2001-2005 | 1 919 | 5 % |
| 2006-2012 | 4 380 | 11 % |
| 2013-2021 | 5 733 | 14 % |
| après 2021 | 481 | 1 % |
Les logements collectifs representent 65 % du parc, avec 24 363 appartements recenses contre 13 962 maisons, ce qui place les missions en copropriété au coeur de l’activite locale. Les 1 819 immeubles identifies renforcent ce constat et appellent des competences en diagnostic de parties communes autant qu’en logements individuels. Un professionnel doit donc etre a l’aise avec les logiques d’immeuble, pas seulement de lot.
La copropriété, un marché qui ne dépend pas des ventes
Le registre national d’immatriculation recense 9 813 copropriétés en Ille-et-Vilaine, soit 194 799 lots d’habitation, 20 en moyenne par immeuble. C’est un gisement de missions distinct de celui des transactions : une copropriété fait diagnostiquer ses parties communes parce que la loi l’y oblige, qu’un logement se vende ou non.
Sur les 7 404 copropriétés dont la période de construction est renseignée, 64 % ont été bâties avant 1997 : leurs parties communes relèvent du dossier technique amiante. Une tranche de 8 % enjambe la date, le registre ne la coupant pas au 1er juillet. Et 32 % datent d’avant 1949, seuil du constat de risque d’exposition au plomb dans les parties communes.
Les 9 813 copropriétés immatriculees totalisent 194 799 lots, soit une taille moyenne consequente qui implique des interventions a l’echelle de l’immeuble entier. Avec 4 767 copropriétés anterieures a 1997 et 2 334 anterieures a 1949, une part significative du parc collectif est ancienne, ce qui alimente une demande reguliere de diagnostics techniques globaux et d’audits collectifs. Ce segment constitue un gisement de missions plus complexes que le diagnostic de lot isole.
61 % de ces copropriétés sont administrées par un syndic professionnel, le reste étant géré bénévolement par les copropriétaires. Cette proportion indique à quel point la commande est structurée dans le département : là où les syndics professionnels dominent, les diagnostics sont commandés par des interlocuteurs réguliers plutôt qu’au coup par coup.
Ce que proposent les employeurs
Les offres de diagnostiqueur actuellement publiées annoncent une rémunération comprise entre 2 225 € et 2 500 € bruts par mois en médiane, avec une amplitude de 1 867 € à 4 167 € selon l’expérience et le nombre de certifications détenues. Un profil multi-certifié se situe dans le haut de cette fourchette.
Ce relevé porte sur 134 offres exploitables publiées sur France Travail sous le code métier F1103, au niveau national : par département, l’échantillon serait trop mince pour produire une valeur fiable. Il décrit ce que les employeurs annoncent à l’embauche, pas la rémunération moyenne de la profession. Le détail des fourchettes est mis à jour avec les offres.
Quelles certifications sont détenues localement
Les certifications se repartissent de maniere assez homogene, avec l’amiante en tete (211), suivie du plomb et du DPE individuel a egalite (195), puis electricite et gaz. L’ecart entre les 277 diagnostiqueurs recenses et les 195 titulaires du DPE individuel laisse supposer une partie de l’offre orientee vers des missions specifiques plutot que le DPE seul. Un nouvel arrivant peut trouver sa place en misant sur les audits ou les diagnostics tertiaires, moins satures que le DPE generaliste.
| Certification | Professionnels |
|---|---|
| Amiante | 211 |
| Plomb | 195 |
| Performance énergétique (DPE individuel) | 195 |
| Electricité | 179 |
| Gaz | 167 |
| Amiante (missions spécifiques**, bâtiments complexes*) | 161 |
| Termites Métropole | 105 |
| Performance énergétique (DPE par immeuble, bâtiments à usage autre que d’habitation) | 99 |
Un exemple concret de débouché : 1 780 diagnostics de performance énergétique ont porté sur des bâtiments à usage autre que d’habitation en Ille-et-Vilaine sur les douze derniers mois, bureaux, commerces et établissements recevant du public. Ces missions relèvent d’une certification distincte de celle du logement, elles sont plus techniques et mieux rémunérées, et le tableau ci-dessus indique combien de professionnels la détiennent réellement dans le département.
À retenir : une certification n’est jamais acquise définitivement. Elle se renouvelle par cycles, avec surveillance intermédiaire et recertification. Dans ce département, 94 certificats arrivent à échéance dans les douze prochains mois, ce qui entretient un besoin permanent de compétences à jour.
Se former et être recruté en Ille-et-Vilaine
La reconversion vers le diagnostic immobilier ne suppose pas d’avoir déjà toutes les certifications. DiagTalent met en relation les candidats avec des entreprises qui forment et recrutent : elles prennent en charge le parcours de certification et l’accompagnement terrain, en contrat salarié.
C’est la différence avec une installation en indépendant : vous êtes formé, encadré et rémunéré pendant que vous montez en compétence.
Déposer votre candidature
Renseignez le formulaire ci-dessous. Votre profil est présenté aux entreprises du département qui recrutent et forment, et vos données ne sont jamais diffusées sans votre accord.
Sources : annuaire officiel des diagnostiqueurs immobiliers certifiés (ministère de la Transition écologique, licence Etalab), base des diagnostics de performance énergétique de l’ADEME, pour les logements comme pour les bâtiments tertiaires, observatoire des audits énergétiques des logements existants de l’ADEME, base de données nationale des bâtiments (CSTB), registre national d’immatriculation des copropriétés et base DVF des transactions immobilières (Etalab). Données agrégées, mises à jour mensuellement.
